SOLASTALGIA, 2024

Hiver. Le souffle glacé de la saison s'éloigne des souvenirs chaleureux, des rires partagés au coin du feu et des cartes postales empreintes de magie. Les majestueux massifs alpins, sous le joug d’un redoux inattendu, pleurent l’or blanc qui disparaît, rendant les domaines skiables presque inaccessibles. Les pistes sont maintenant des chemins impraticables, défiant les skieurs en quête de sensations. Sous un soleil implacable, Méribel s’agite, ses canons à neige crachant des flocons artificiels dans une danse désespérée.

Alors que nos yeux se posent sur la dégradation de ce paysage tant aimé, surgit un sentiment d'impuissance face à l'inéluctable. Une mélancolie poignante face aux blessures infligées à notre environnement direct. Il est encore temps de capturer cette réalité qui, déjà, porte la marque de la nostalgie. Explorant ces paysages à l’infrarouge, je cherche à figer ces instants de métamorphose, à superposer les images d’un passé révolu et d’un futur incertain. Les tonalités chaudes et froides s’entrelacent, dévoilant les défis d’un monde en mutation. Nous sommes face à l’étrangeté troublante d’un futur proche, dans un ballet tragique entre beauté et disgrâce.

La montagne, sanctuaire de sérénité. La montagne, protagoniste silencieuse d’une transformation palpable, se dévoile sous le ciel brûlant. L’or blanc se dissipe comme un rêve évanoui. Ses habitants, faune et flore, perturbés par la danse chaotique du climat perdent leurs repères. Les sports d’hiver, jadis célébrés, deviennent les artisans d’un mal-être grandissant, une spirale où l’économie se heurte à l’écho du changement climatique. Et tandis que le mois de janvier 2023 se drape du titre de celui le plus chaud jamais connu, le GIEC nous avertit, appelle à la prise de conscience, une lueur d'espoir face à un sombre destin. Pourtant, nous continuons. Aveugles ou résignés ?

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